Conseil’autisme n°13C – Ecrire, c’est difficile. La production d’écrit

Capacités engagées dans la production écrite :

Dans cette fiche nous ne tenons pas compte des compétences de l’élève à écrire à la main (voir la fiche Conseil’autisme n°13A – Ecrire, c’est difficile : le geste graphique), ni de ses difficultés en orthographe et en grammaire. Nous ne revenons pas non plus sur les capacités de concentration, ni sur les particularités sensorielles et les difficultés de compréhension de ce qui est demandé. Nous vous conseillons tout de même de veiller à ces aspects qui peuvent entraver l’élève dans ses productions. Le langage verbal fonctionnel n’est pas un prérequis à la production d’écrits.

Pour pouvoir à terme, écrire un texte qui a du sens et qui répond à la consigne, il faut être capable de :

  • Construire une phrase puis un paragraphe à la syntaxe correcte (au début avec un support imagé en lien avec son vécu ou centres d’intérêts).
  • Sélectionner les éléments pertinents à relater en relation avec la consigne.
  • Respecter la chronologie du récit.
  • Respecter la cohérence du récit.
  • Avoir accès à l’imaginaire ou compenser son manque d’imaginaire par un autre moyen.

Quels sont les processus cognitifs engagés ?

Les fonctions exécutives :

  • La planification :
    – Savoir agencer les mots pour construire une phrase à la syntaxe correcte, puis savoir organiser les phrases pour construire les paragraphes.
    – Savoir structurer ses idées en ordre chronologique.
    – Savoir se projeter.
  • L’inhibition :
  • Être capable de sélectionner les éléments pertinents au récit, pouvoir filtrer les détails superflus.
  • La flexibilité mentale :
    Être capable de passer d’un processus cognitif à un autre (écrire et en même temps agencer ses idées et vérifier son orthographe), bien que chaque tâche soit possible indépendamment l’une de l’autre.
  • La mise en lien :
  • Du fait de la pensée en détail des élèves avec autisme, il leur est parfois difficile de relier leurs idées entre elles pour construire un récit fluide.
  • La représentation mentale :
  • Les élèves sont souvent en difficulté pour construire des images mentales, ce qui les freine dans leur imagination et parfois même dans la représentation de situations du quotidien.
  • Défaut de Théorie de l’Esprit :
  • – Difficulté pour l’élève de se décentrer de sa situation personnelle pour se mettre à la place d’un personnage par exemple.
  • – L’élève n’écrit pas toujours toutes les informations car il pense que le lecteur les connait.
  • – L’élève ne sait pas parler des émotions.

Préalables à la production d’un texte :      

  • Partir des centres d’intérêts de l’élève pour favoriser la production.
  • Exercer, dans un premier temps, les différentes étapes de la production d’une phrase afin qu’elles soient automatisées. Cette étape est indispensable. L’enfant ne pourra pas écrire un texte si la production d’une phrase n’est pas déjà automatisée.

 

  • On part de supports imagés. On peut partir de scènes de la vie quotidienne de la classe :

  • – Permettre à l’élève de formuler les phrases à écrire : dictée à l’adulte.
  • – Si l’élève n’est pas verbal, on peut lui demander de choisir une phrase parmi plusieurs et de l’associer à une image :

– ou de choisir les mots ou les pictogrammes correspondants à l’image pour formuler la phrase. L’adulte pourra alors oraliser :

Comment aider l’élève à produire un texte :      

 

 

[Source : https://lewebpedagogique.com/monsieurmathieundlronchin/files/2011/10/47-FICHES-d%C3%A9criture-production-d-ECRIT.pdf

[Source  : https://orpheecole.com/ ]

 

 

[Source : http://boutdegomme.fr/ ]

Soutenir la construction de la syntaxe :

Pour aider l’élève à élaborer son projet d’écriture on pourra aider l’élève à structurer ses idées :

– Compléter un récit :

[Source : http://www.lepetitroi.fr ]

 

  • – Schématiser les différentes étapes de son récit :

[Source : https://lutinbazar.fr/ ]

 

    • – Lui donner une procédure :

 

 

Histoire de raconter. Pour mieux comprendre et écrire des textes narratifs au primaire. BRUNEAU, Marie-Josée ; STANKE, Brigitte. Chenelière Education, 2008

 

Exercer les compétences (en amont et pendant l’activité) :
– En chronologie.
– En théorie de l’esprit.
– En mise en lien (lecture d’images en global).
– En généralisation (vocabulaire, travail sur les synonymes, homonymes, expressions imagées…).
– Enrichissement de la phrase : boites outils (exemple mettre dans une boite les adjectifs, les verbes, les connecteurs de causalité …).

 

Les dés à conter ou les cartes à conter :

 

Les jeunes avec un TSA rencontrent des difficultés à généraliser leurs compétences. Il est important de réaliser des protocoles fonctionnels et utilisables de manière autonome.

Pour faciliter le travail d’expression écrite, on peut proposer un protocole à l’élève. Cet outil doit être adapté aux besoins particuliers de l’élève mais aussi à la consigne.

L’académie de Grenoble a mis en ligne des matrices (document qui permet de dérouler des procédures) qui peuvent aider les élèves du second degré : https://ecole-inclusive.web.ac-grenoble.fr/article/matrices-daccompagnement 

Attention : les différentes étapes d’un protocole doivent être travaillées de manière séquencée. Veillez à ce que chaque étape du protocole soit maitrisée avant de passer à une autre.

Pour pouvoir prolonger les entrainements au travail d’expression écrite (fabrication de phrases à la syntaxe correcte…) on peut proposer aux élèves les exercices proposés sur ce site : http://www.pepit.be/

 

 

Fiche conçue en 2022

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